Corentin Bisot, 21 ans, initiateur du manifeste des étudiants français pour le climat : « Les changements nécessaires sont radicaux »

Corentin Bisot a 21 ans, étudiant à la célèbre École Polytechnique de Paris et l’un des initiateurs de «le manifeste pour un réveil écologique», qui appelle à des changements drastiques dans l’ensemble de la société pour contrecarrer le changement climatique en cours.

Appels d’écoles réputées

Le manifeste a été publié fin septembre de cette année et a reçu en un mois près de 20 000 signatures d’étudiants universitaires de toute la France.

– Beaucoup de ceux qui ont signé le manifeste fréquentent certaines des écoles les plus prestigieuses de France. Certaines d’entre elles ont été signées par 25 pour cent des étudiants, précise Corentin Bisot.

L’héritier de la société

Les écoles qu’il décrit sont, à juste titre, considérées comme des viviers pour les futurs dirigeants d’ingénieurs et d’entreprises français.

– Nous qui quittons ces écoles sommes issus du système que nous critiquons, nous en sommes les héritiers. Il est intéressant de constater qu’il existe des critiques et une volonté de changement, notamment parmi ceux qui ont créé le système.

« Pouvons-nous arrêter ça? »

L’une des idées les plus populaires du manifeste est que les étudiants refusent d’accepter des emplois dans des entreprises qui, selon eux, nuisent au climat et à l’environnement.

– Il y a deux questions. Tout d’abord, il s’agit de ce que produit l’entreprise. Est-ce quelque chose qui n’est pas nécessaire et pouvons-nous arrêter de le faire ? Ensuite, il y a la façon dont ils sont fabriqués. Certaines choses sont nocives pour l’environnement mais sont nécessaires aujourd’hui, comme le béton. Là, c’est plus difficile, explique Corentin Bisot.

– Les changements nécessaires sont radicaux. Il faut repenser toute la culture de l’entreprise. On ne peut pas donner un peu d’argent à un projet de plantation d’arbres et en être satisfait.

Prêt à quitter votre zone de confort

Corentin Bisot reconnaît qu’il est difficile de faire pression sur les plus grandes entreprises. Cependant, quitter une carrière potentiellement rentable chez eux est l’un des sacrifices qu’il est prêt à faire.

– Cela dépend de chacun, mais nous, qui avons signé, sommes prêts à sortir de notre zone de confort, à renoncer à une partie de cette sécurité et peut-être à obtenir un salaire inférieur.

– Le problème climatique est l’un des plus grands problèmes de notre avenir. J’ai réalisé que c’était dans mon propre intérêt.

En espérant le soutien de la Suède

La semaine prochaine, le manifeste sera publié en anglais et on espère attirer davantage de partisans internationaux.

– Si nous parvenons à obtenir un engagement de KTH à Stockholm, ce serait d’une grande importance au niveau européen, estime Corentin Bisot.

Stéphanie Reyer

"Écrivain. Érudit total du café. Amoureux des voyages. Penseur. Troublemaker. Praticien du bacon hardcore."

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *